des Congolais et des Belges

Pour interpréter cette histoire, il fallait une distribution mixte et c'est pourquoi nous nous sommes rendus à Kinshasa pour prendre le pouls de la création théâtrale et soumettre à des gens de théâtre congolais la démarche que nous entamions en Belgique. Dès cette première rencontre, le choc a été fulgurant : non seulement la vitalité était bouillonnante, mais les conditions dans lesquelles elle s’exprimait relevaient d’une grande leçon de théâtre. Energie des acteurs, richesse d’invention dans la pauvreté de la réalité, le choc fut déterminant. L’idée de créer le spectacle entier à Kinshasa s’est imposée comme une évidence.

C’était aussi une façon de rééquilibrer les forces : nous, les européens tellement convaincus de détenir des vérités, comme par exemple, celle de définir quasi universellement ce qu’est ou n’est pas LA théâtralité… nous avions besoin de nous mettre dans une position de danger, peut-être pour partager ce que vivaient les «autres».

Créer le spectacle au Congo et dans les conditions congolaises était un pari fou. C’était, en tout petit nous le savions, un geste réparateur, un geste qui va dans le sens de la rencontre, dans l’autre sens, pour une fois.

Mais si le spectacle se créait à Kin (pour après aller en France), l'idée de la visite guidée de la capitale belge y restait fondamentale.


rencontre avec les comédiens congolais à Kinshasa en 1997