l'idée de départ

L'idée de ce spectacle prend forme à la lecture du livre de Colette Braeckman, "Histoire d'un génocide au Rwanda". L'impression est forte et rappelle celle éprouvée à la lecture d’un autre livre: "Du sang sur les lianes" où l'auteur, Daniel Vangroenweghe, révèle comment sous le règne du roi Léopold II, les sociétés belges récoltaient le caoutchouc dans l'État Indépendant du Congo. Un lien se tisse entre les deux livres, comme si les récits contemporains de l'un faisaient écho aux plus anciens de l'autre, comme si le temps avait scellé les avant-postes du progrès aux images africaines qui hantent l’actualité.

Si le point de départ du projet est une réaction au génocide rwandais, il est rapidement apparu que le véritable sujet était la présence belge en Afrique. Et de cette présence, aucune trace ne reste aujourd’hui. Pour ceux qui sont nés après l’Indépendance, cette histoire aurait très bien pu ne jamais avoir existé. La première surprise fut donc celle de constater la méconnaissance totale du sujet. On ne peut pas dire que les sources soient inaccessibles, c’est simplement qu’elles ne sont pas accessibles, immédiatement. Il n’existe, par exemple, aucun livre de vulgarisation critique et objectif sur l’ensemble de l’histoire de la colonisation belge. Nous avons donc le choix entre quantité de livres lénifiants dans le style " Ma vie au Congo ou comment j’ai construit la route de… " ou bien des ouvrages extrêmement pointus (et de grande qualité) mais que l’on classerait plutôt dans le registre "spécialisé". Ces derniers constituent le réel accès à la connaissance mais ils restent confinés à un public très intime.


l'illustration du livre est faite
d'après photographie d'époque.
 
 


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