Acte 5
Il semblerait que d'étranges négociations se déroulent au cœur des ténèbres...Avec le satelliite, il n'y a plus de frontières... ni de lois.
 
Alors que tous les hommes d'affaires sont préoccupés par leurs besoins naturels, les Majestés attendent. Elles en profitent pour s'avouer leurs réels sentiments mais sont interrompues par le retour soudain de leurs subordonnés.


LA BONNE CONSCIENCE — Allo ? Ah, c’est toi Ronald ? Pardon, je voulais le FMI, et je tombe chez toi, c’est trop drôle, excuses, oui, à un de ces jours… (il recompose un numéro) Ces portables ! Pourvu que ce ne soit pas la Banque Mondiale maintenant… Johnny ? C’est moi. Bruxelles. C’est rapport au Maréchal. Non, son barrage, c’est réglé, les Belges filent le fric. C’est pour sa ligne de crédit. Je ne sais pas, un nouveau palais, un nouveau bateau, un diplôme pour un neveu… Non, non, tu sais qu’il est réglo, pas de danger qu’il claque un centime en hôpitaux ou en écoles… Et puis, il nous a bien aidés, non ? Ça mérite un petit cadeau ! J’accorde ? Ok! Je te laisse, j’ai un Rwandais dans les pattes.


.../... LE MARECHAL — Eh bien, messieurs, nous avons failli attendre. Où étiez-vous?
LE ROI A LUNETTES — Oui, où étiez-vous ?
EXCELLENCE — Une petite réunion informelle pour préparer le travail…
LE MARECHAL — Vos conclusions, messieurs ?
LE ROI A LUNETTES — Oui, vos conclusions ?
Commence une danse d' initiés.
EXCELLENCE — Tout se présente très bien ! (au Maréchal) Nous finançons votre barrage… (au Roi) dans le cadre de nos missions de coopération.


La Bonne Conscience rengaine, pendant qu’arrive Kitukwa.

KITUKWA — Le Seigneur soit avec vous, monsieur le représentant…
LA BONNE CONSCIENCE — Combien ?

M. DE SMET, au Maréchal — Nous équipons votre barrage… (au Roi) dans le cadre de l’aide à nos entreprises.
LA BONNE CONSCIENCE, au Maréchal — Nous augmentons votre crédit (au Roi) dans le cadre de l’aide aux pays en difficulté.
KITUKWA — Oh, monsieur le représentant…
LA BONNE CONSCIENCE, la main crispée sur le ventre — Combien, nom de dieu ! Je suis pressé…
KITUKWA — Si vous m’en priez… Dix ?
LA BONNE CONSCIENCE, toujours la main au ventre — Cinq, et pas un de plus; et ça vous fera du 20 %, parce que c’est vous, mais plus de cultures inutiles. Je ne veux plus voir que du thé sur ces collines, vous m’entendez ? Du thé ! Du thé très fort, très sucré, rien de tel contre la diahrrée ! Je vous lâche avant de tout lâcher. A force de missions tropicales, comprenez…
Il part en courant et croise Gemba, en abacost.
GEMBA, désignant la Bonne Conscience — Le stress ?
KITUKWA — Non, la tourista.
GEMBA — Alors, vous avez le pognon ?
KITUKWA — Grâce à la tourista, le Seigneur soit loué !
.../...

D'autres hommes proposent d'autres affaires... Dans le fond de scène, le Journaliste
et de son fidèle assistant Sambo captent toutes ces conversations à l'aide de son antenne parabolique

LE GLAIVE, à Gemba — Nous vous vendons les mines… (à M. De Smet) dans le cadre du coup de fil de votre frère.
GEMBA, à Kitukwa — Nous vous revendons les mines… (au Maréchal) dans le cadre du sou-tien aux régimes amis.
KITUKWA, à M. De Smet — Nous vous achetons tout, sauf du thé… (à la Bonne Conscience) dans le cadre de votre régime.
MPEIA, dépitée, à elle-même — Et nous nous débrouillons… (aux autres) dans le cadre de vos décisions.
EXCELLENCE — Bref, tout le monde est content !
LE MARECHAL — Voilà qui semble parfait !
LE ROI A LUNETTES — Oui, parfait !

Les voici subitement repris de violents maux de ventre, les protagonistes s'encourrent se soulager. Le journaliste (que l'on reconnaît comme Philippe De Dieuleveult) et Sambo capte d'autres informations, ce qui justifiera leur élimination.

Ainsi donc, le journaliste disparaîtra à l'acte 6, pendant que Madame De Smet regardera une émission de son idole à la télévision.