Acte 2
Nous sommes maintenant à Kin. Mibange chante l’oppression. Le Maréchal (ou le spectre du Léopard) chasse ses vieux démons. La population vit (comme toujours) d’expédients. Le Journaliste (Philippe De Dieuveveult) cherche son trésor.
 
Derrière l'écran, on voit l'ombre chinoise du Maréchal qui "se bat" contre l'image projetée surt l'écran, "l'arrestation de Lumumba", peinture de ©Tsibumba. Ses attitudes sont inspirées par "l'homme-léopard" du Musée de Tervuren.


…/… LE JOURNALISTE — (s’adressant à une caméra invisible) Tu suis Patrick ? Mesdames et Messieurs, l’hélico m’a posé à quelques mètres de l’endroit où, selon les indications de nos candidats, devrait se trouver le trésor. Je rappelle l’énigme, «De famille, Sambo garde le chapeau de son maître, au bord de sa piscine». Nous sommes à présent sur les rives du Stanley Pool, je vais voir s’il y a quelqu’un qui correspond à ce nom. Pardon, mon brave, vous connaître un certain Sambo ?


LE MARECHAL — Vrai, ce peuple d’envieux ne me mérite pas. Mes vrais amis le savent bien, que je suis vraiment généreux. Qui, dans ce pays n’a pas, une fois, profité de ma générosité ? Franchement, ils feraient mieux de se taire.
La Bonne Conscience arrive, en french doctor, et se précipite sur Sambo.

LA BONNE CONSCIENCE — Ah, je vous retrouve enfin. Ça n’a pas été facile. Il fallait absolument que je vous parle. Votre test être positif. Vous avoir le sida.

SAMBO — Oui c’est moi-même !
LE JOURNALISTE — Vous être le petit-fils du boy de Stanley ?


SAMBO — Le sida ?
LA BONNE CONSCIENCE — Oui, vous être 500.000ème dans le pays. Toutes nos félicitations, toutes nos condoléances. Nous heureux de vous offrir ce préservatif en signe de solidarité.
SAMBO — Mais si je mets un préservatif, on va croire que j’ai le sida !
LA BONNE CONSCIENCE — Ecoutez, ce n’est pas mon problème. Voyez ça avec les autorités ecclésiastiques.Moi, je suis juste chargé de faire des tests et un peu de prévention, et j’ai une mission autrement excitante qui m’attend dans les collines.Encore bonne chance ! (il part)

SAMBO — Oui c’est bien moi!
LE JOURNALISTE — Alors vous montrer son casque?
SAMBO (exhibant un casque colonial tout neuf) — Oui le voici!
LE JOURNALISTE — (à la caméra invisible) Filme, Patrick, filme! Top chrono!
C'est formidable, chers candidats, le premier trésor est déjà entre nos mains. Je rejoins illico l’hélico ! (il part au pas de course) SAMBO — Monsieur ! Avant de partir ! Vous ne voulez pas m’acheter une cigarette?
LE JOURNALISTE — Moi ? Un sportif ? Vous voulez rire !
CHANSON DE MIBANGE:

SAMBO — Monsieur ! Avant de partir! Vous ne voulez pas m’acheter une cigarette ?
LA BONNE CONSCIENCE — Moi ? Un médecin ? Vous voulez rire!


L'acte continue sur le même principe d'alternance entre la vie dans les rues de Kin, -avec l'arrivée successives des mundélés (les blancs) et des opérateurs religieux et humanitaires-, les paroles subversives du poète, -imminemment réprimées par la présence d'une armée bien entraînée- et le phantôme de Léopard -qui hante autant les esprits que la disparition de La Barbiche.
Le prix du vrai-faux casque de Stanley est le fil conducteur de tout l'acte.

Il ne supporte que l’argent
Et seul l’argent le supporte
Mais s’il peut payer comptant
Ses amis et son escorte
Il ne peut payer pourtant
Les rires qui sur lui se portent.